Alpine a-t-elle fait le bon choix en optant pour un moteur Mercedes ?
Compte tenu des moyens humains et techniques de Viry Châtillon, difficile de ne pas penser que l’équipe au A fléché aurait du mal à rivaliser avec un moteur Renault pour cette nouvelle réglementation. Viry a été victime d’une politique de sous-investissement de la part de Ghosn puis de De Meo.
Lors de sa visite chez Mercedes High Performance Powertrains (HPP), Luca de Meo a expliqué que l’écart avec Viry-Châtillon est avant tout structurel, humain et matériel : il a parlé « d’unité comme HPP où 900 personnes travaillent sur le moteur, contre environ 340 à Viry. »
Ce qu’il a dit précisément
• Il souligne « quand vous visitez une unité comme HPP, l’usine moteur de Mercedes, il y a 900 personnes qui y travaillent, alors qu’on est 340 à Viry ».
• Il insiste sur « le manque d’investissements à Viry au moment du passage à l’ère hybride », en disant que « Mercedes dispose de bancs d’essais que Viry n’a pas. »
• Pour illustrer ce déficit de moyens, il résume la situation en disant « qu’on tourne, côté structure, avec trois cylindres quand d’autres en ont huit », image pour montrer que Viry fonctionne avec une structure bien plus légère que celle de Mercedes.
https://f1only.fr/de-meo-viry-pas-niveau-mercedes/En résumé, ses propos mettent en avant un écart très important en nombre d’employés, en moyens d’essais et en investissements entre l’usine moteurs Mercedes et le site de Viry-Châtillon.
Dépenser 120M€ d’euros par an pour un moteur Renault qui de toute façon sera inférieur au moteur Mercedes ou Ferrari n’est pas financièrement justifiable. Pas dans un contexte industriel qui voit également la rentabilité des groupes automobiles fondre comme la neige au soleil avec la transition écologique qui impose des voitures électriques à faibles marges et aux investissements importants. Donc oui, l’abandon du moteur Renault et financier, puisque pour avoir un moteur compétitif, il aurait fallu investir plusieurs centaines de millions d’euros, peut-être même 1 milliard pour avoir une usine au même niveau comme Mercedes ou Ferrari et embaucher 500 personnes pour avoir un même nombre d’ingénieurs pour développer le moteur. Les autres programmes n’apportent pas grand-chose en termes de visibilité pour la marque Alpine.
À l’inverse, limiter l’investissement des programmes sportifs à la conception et la fabrication d’un châssis de F1, discipline qui offre la meilleure exposition médiatique mondiale c’est rentable. On sera fixés cette saison, mais à mon avis le pari d’un moteur client sera gagnant.